mardi 10 janvier 2017

Les salaisons de garum font le plein

Le public est venu nombreux assister à la conférence de Patrick Galliou sur les salaisons de poisson à la période romaine. La première conférence du nouveau cycle Visions du Finistère organisée par Les Amis du Musée breton, a fait salle comble, samedi. 
 
 
Devant un auditoire très attentif, l'archéologue Patrick Galliou a expliqué dans quelles conditions des salaisons de poisson s'étaient installées à la pointe bretonne durant l'époque romaine. Les salaisons de poissons apparaissent à la pointe bretonne au IIe siècle ap. J.-C. Samedi, l'archéologue Patrick Galliou, spécialiste de l'Armorique romaine et professeur émérite à l'UBO, a détaillé les caractéristiques de ces installations enfouies sous terre : « Les cuves maçonnées, de trois à quatre mètres de côté, de deux à cinq mètres de profondeur, étaient enfoncées en terre jusqu'à leur ouverture ». Le poisson versé tel quel dans les cuves Le poisson était apporté jusqu'à l'usine de salaison où il était déversé dans les cuves. Chaque nouvel apport était séparé du précédent par une couche de sel. « Cette sauce à odeur forte servait à assaisonner les légumes, les viandes et les fruits. Allongée d'eau, elle était utilisée comme boisson par les soldats, et, versée dans le vin, elle était un breuvage apprécié », relate Patrick Galliou. Chez les Osismes de l'actuel Finistère, ces établissements de salaison étaient implantés à l'embouchure de l'Ellé, dans la rade de Brest et autour de la baie de Douarnenez, où une trentaine de cuves ont été découvertes aux Plomarc'h. « L'implantation d'une telle activité et la construction de bâtiments spécialisés, selon des normes techniques bien connues ailleurs, ne peut être due qu'à des hommes expérimentés, parfaitement au fait de ces pratiques industrielles et donc originaires de régions où elles étaient mises en oeuvre (bassin méditerranéen, façade atlantique de la péninsule ibérique) ». Une production abondante Pour quelles raisons des Méridionaux dépaysèrent-ils cette industrie en Armorique ? La présence d'un poisson abondant, la sardine, pourrait en être une explication, selon l'intervenant. « On peut penser qu'en s'installant sur la côte osisme, les industriels des salaisons souhaitaient rapprocher la production du fort marché captif que constituaient les armées romaines stationnées en Bretagne insulaire et sur le Rhin. Comme celles des côtes de la péninsule ibérique, les usines armoricaines produisaient certainement une trop grande quantité de produits salés pour qu'ils puissent être consommés par les seules populations locales. Il semble donc probable qu'une partie au moins de ces sauces et pâtes de poisson ait été exportée vers le Nord de l'Europe », conclut Patrick Galliou. 
 
Prochaine conférence 
La prochaine intervention aura lieu Le 25 février. Arnaud Ybert, maître de conférences en histoire médiévale au pôle universitaire de Quimper, interviendra sur l'architecture du XVe siècle en Bretagne occidentale. L'entrée est gratuite pour les adhérents et 5 € pour les non-membres. Les inscriptions sont prises par téléphone au 02.98.90.18.22 ou par mél. amismuseebreton@gmail.com.

© Le Télégramme

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